QUELLE TOLERANCE POUR LES EXCES DE VITESSE ?

 

Actuellement, la vitesse relevée lors d’un contrôle de  vitesse est minorée de 5 km/h pour des vitesses inférieures à 100 km/h et de 5% pour des vitesses supérieures.

Ces vitesses retenues apparaissent comme un "cadeau" fait aux automobilistes !

Or :

L’arrêté du 4 juin 2009 ( à télécharger sur Légifrance) relatif aux cinémomètres de contrôle routier PERMET de 3 km/h ou 3% de tolérances pour ces appareils en plus ou en moins et jusqu'à 10 km/h ou 10% en plus ou en moins selon son type d'emploi ( 5 km/h ou 5% dans le cas des radars fixes), ce qui signifie qu’un cinémomètre peut afficher une vitesse supérieure à la vitesse réelle. Par exemple, un cinémomètre fixe peut relever une vitesse de 95 km/h alors que le véhicule ne roule qu'à 90 km/h. Il n'est tenu compte que de la valeur à retenir = 90 km/h, heureusement. Dans le cas contraire, un radar peut enregistrer 85 pour un véhicule roulant à 90 km/h. Sa "prime de rendement" doit être faible !!

Donc, la différence entre vitesse relevée et vitesse retenue ne sert qu'à couvrir la plage d'erreur admise par l'arrêté précité.

Contrairement à ce que les ministres et autres officiels clament, elle n'est donc pas un cadeau, mais résulte de l'application de règles techniques concernant les erreurs des appareils de mesure que tout étudiant en milieu scientifique est censé connaitre.

Par conséquent, le citoyen aurait droit, aussi, en toute logique, à 5% de tolérance, car il est tributaire lui aussi d'appareils de mesure, de calculateurs embarqués, qui comportent leurs propres marges d'erreurs, le tout en mouvement avec le véhicule

De fait, les tolérances devraient être portées à 10 km/h et à 10%, dans le cas de contrôles à poste fixe, ce qui de fait rendrait EGALE la répartition de la marge d’erreur, car actuellement celle de 5 km/h ou 5% appliquée est affectée en totalité au cinémomètre. Il ne reste pas une seule marge d'erreur pour l'automobiliste !

Et pourtant, qui sait que même un régulateur de vitesse d'une marque nationale agit dans une plage de plus ou moins 2 km/h, selon la vitesse effective à laquelle il est mis en service en fonction de considérations sur lesquelles il serait trop long de s'attarder ici ?

Qui pense qu'en changeant des pneumatiques usagés par des neufs, son "compteur de vitesse" a subitement gagné 2 km/h de vitesse réelle ?

De fait, la seule conjonction des deux éléments cités ci-dessus peuvant engendrer 4 km/h d'écart de vitesse se rajoutant aux 5 km/h d'un radar donnant une vitesse située au maximum de la tolérance admise pour ce type d'appareil, nous fait arriver à une tolérance de 9%.

Un jour, l'on peut circuler avec des pneus usagés et le régulateur enclenché à une position qui donne une vitesse "V", sans de faire "flasher" et le lendemain, au même endroit, avec des pneus neufs et le régulateur enclenché à une position qui donne "V +2" se faire tirer le portrait par le radar.

Certes, les tachymètres des voitures sont censés ne pas indiquer de valeurs inférieures à la vitesse réelle, mais 5 km/h représentent parfois à peine moins que la largeur de l'aiguille du tachymètre et un automobiliste ne peut pas avoir l'oeil rivé en permanence sur ses instruments de bord au détriment de la sécurité. De plus, les régulateurs ne sont pas connectés au même circuit que les tachymètres.

Des professionnels des mesures physiques et/ou des appareils de mesure pourront confirmer mes propos relatifs aux cumuls d'erreurs des appareils de mesure qui font l'objet de nombreux cours et de travaux pratiques dans des établissements techniques.

Certes, la tolérance totale resterait faible, mais équitable, alors les centaines de millions d'euros encaissés grâce (pour l'Etat) ou à cause (pour l'automobiliste) des dépassements de moins de 5 km/h des vitesses autorisées vont-ils constituer un argument contraire aux règles des mesures d'erreur pour maintenir le statu-quo ?